Agressions sur la Plage de Carcavelos

Publié le par DA SILVA

Le Portugal reste aujourd’hui un des derniers refuges non touché par le tourisme de masse et bénéficie d’un taux de criminalité qui, après le Japon, est le plus bas au monde. Toutefois, l’incident survenu le 10 Juin dernier, jour de la Fête Nationale, sur la Plage de Carcavelos à 15 km de Lisbonne, est venu ternir cette belle réputation.

 

Voici le récit des faits :

 

Dans l’après-midi du 10 Juin, sur la très fréquentée plage de Carcavelos, un groupe de plusieurs individus est venu semer la panique en agressant et pillant les gens qui se trouvaient sur la plage.

Lorsque l’on compare le récit des faits retranscris par les différents journaux, il est possible de relever plusieurs zones d’ombres, et le moins que l’on puisse dire c’est que les circonstances de l’événement restent floues.

En effet, sur le nombre même des agresseurs certains journaux évoquent un groupe d’agresseurs composé de 100 à 500 individus, d’autres comme le Diário de Notícias, parlent même d’une émeute impliquant jusqu’à 2000 individus (selon les sources même de la police)

 

Quant au scénario, les témoignages des baigneurs, plagistes et restaurateurs présents au moment des faits, apportent là aussi peu de certitudes.

Certains évoquent une rixe entre deux bandes rivales qui fréquentent habituellement cette plage et qu’un petit groupe aurait profité de la confusion générale pour agresser et piller des touristes. D’autres parlent d’une bande organisée venant de l’extérieur dans le but prémédité de commettre des vols avec violences.

Les médias ont utilisé le terme « arrastão » pour qualifier les événements du 10/06. Ce mot est utilisé au Brésil pour décrire un phénomène observé à Rio de Janeiro, lorsque des jeunes des favelas effectuent de véritables descentes sur les plages pour piller des touristes.

 

 

Où est la part de vérité, la part d’exagération dans tout ça ? Je ne veux pas polémiquer là-dessus. Je souhaite cependant revenir sur la manière dont les médias portugais et étrangers ont traité l’information et sur les conséquences de l’événement sur le tourisme et l’image du Portugal.

 

Les jours qui ont suivi la « razzia », plusieurs journalistes se sont rendus dans les aéroports de Lisbonne et Porto et se sont positionnés à la sortie des terminaux en réservant aux touristes un surprenant accueil.

Certains n’ont pas hésité à les assaillir de questions, telles que :

«Êtes-vous au courant des récentes agressions sur la plage de Carcavelos? » « Avez-vous peur ?... » Comptez-vous aller à Lisbonne ? »

Et aux touristes hébétés, encore fatigués par le voyage, surpris de voir des journalistes leur poser ce genre de questions.

Rien de tel pour plomber l’économie en contribuant à une baisse record de la fréquentation des touristes au démarrage de la saison estivale ! Inconcevable en France !!

Mais si ce n’était que cela ! Le lendemain même des incidents, la Direction Générale du Tourisme s’est plainte de l’image véhiculée par certains médias étrangers. Une chaîne de TV allemande a mélangé des images de la plage de Carcavelos avec des images d’agressions filmées sur les plages brésiliennes.

 

 Par ma part, je trouve l’attitude de certains médias totalement irresponsable, peu professionnelle et même pathétique.

Personne ne remet en cause le principe de droit à l’information et la liberté de la presse dans la mesure où celle-ci reste objective et impartiale. Mais lorsque l’on constate de tels débordements on est en droit de se montrer sceptique.

Force est de constater que lorsque survient ce genre d’événements, le journal télévisé ressemble alors plus à un show, où le journaliste traque la moindre émotion, et n’hésite pas à dévoiler les détails les plus intimes de la vie de Monsieur Tout-le Monde. L’objectivité n’étant alors plus la priorité.

On peut certes se réjouir d’une telle liberté d’expression dans un pays qui a connu une Dictature. Mais je pense qu’un bon journaliste se doit de respecter certaines limites, comme par exemple, celle de ne pas entraver le bon déroulement d’une enquête (je fais allusion ici notamment à l’affaire Casa Pia), ou pire, de violer le secret d’une instruction dans le simple but de produire un scoop comme c’est malheureusement parfois le cas !

 

Curieuse conception de l’information que celle d’interviewer des touristes à leur arrivée sur les plages, dans les aéroports pour les tenir au courant des faits ! Quelle chance de vivre dans un pays aussi démocratique !

C’est cela le niveau de la presse au Portugal ? Des journalistes qui rapportent les états d’âme des uns et des autres ? Quel est l’intérêt de cette démarche ? J’aimerais que quelqu’un me l’explique.

 

Dans « beaucoup de pays », on dit que le gouvernement contrôle les médias. Au Portugal le pouvoir de la presse paraît illimité. Très bien, mais encore faut-il en faire bon usage,messieurs les journalistes, sinon on va finir par croire le proverbe qui dit : « Trop de liberté tue la liberté ! »

 

Liens sur le sujet:

 

-http://www.acapital.pt/secciones/noticia.jsp?pIdNoticia=20400&pIdSeccion=4

 

-http://online.expresso.clix.pt/1pagina/artigo.asp?id=24751864&wcomm=true#comentarios

 

-http://www.correiomanha.pt/noticiaImprimir.asp?idCanal=19&id=163744

 

Criminalité en Europe:

 

- http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=CMPSOS05311&tab_id=96

 

 

 

 

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Publié dans SOCIETE - ACTUALITES

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